Après une courte escale à Lille hier, les superstars américaines de la NBA ont posé leurs valises à Paris pour trois jours. Et c’est à Levallois, dans les Hauts-de-Seine, qu’ils vont principalement s’entraîner collectivement. Le Palais des Sports Marcel Cerdan, qui abritait les Metropolitans 92 au cours des dernières saisons de Betclic Elite, a été choisi comme centre d’entraînement de ses équipes olympiques de basket par la délégation américaine.
Le premier entraînement de Team USA a débuté sous les coups de 13h30 ce jeudi 25 juillet. LeBron James et ses coéquipiers semblaient décontractés lors de l’échauffement, ouvert aux médias. Joel Embiid, Kevin Durant, Stephen Curry et Anthony Edwards, entre autres, sont apparus tout sourire. L’engouement autour de Team USA et de ses stars NBA est déjà immense à Paris et à Lille. Pour les fans, apercevoir ses idoles en dehors des matchs officiels s’annonce très difficile. Les plus chanceux pourront les observer brièvement lors de la sortie et montée du bus. Et à l’image de leur arrivée en France à la gare de Lille hier, il est probable qu’ils ne s’arrêtent pas pour saluer les fans et signer des autographes.
Le Palais des Sports Marcel Cerdan de Levallois est réputé pour accueillir régulièrement durant l’inter-saison les joueurs NBA de passage par Paris. Lors de la venue de la NBA en France, cette infrastructure sportive reçoit également les entraînements des franchises. Les stars NBA de Team USA s’y entraîneront au moins une fois de plus cette semaine, avant de prendre la route pour Lille afin d’y disputer leur premier match des Jeux Olympiques face à la Serbie.
Team USA, Levallois et l'image : trois facettes d'une même passion du basket
Le basket-ball se raconte autant par ses exploits que par ses images. Une envergure démesurée figée par un photographe, un maillot floqué d'une bannière étoilée, une salle de banlieue parisienne qui a vu grandir un futur numéro un de draft : derrière chaque cliché se cache une histoire. Cet article relie trois univers apparemment distincts — la domination de Team USA, le parcours singulier du club de Levallois et la culture de la photographie de basket — pour montrer comment le sport et l'image ne cessent de dialoguer.
Team USA : une machine à gagner devant l'objectif
Depuis l'ouverture des Jeux olympiques aux joueurs professionnels, l'équipe des États-Unis a bâti un palmarès écrasant. La sélection américaine a remporté la médaille d'or olympique en 1992, 1996, 2000, 2008, 2012, 2016, 2020 et 2024. Chaque édition a nourri une iconographie mondiale, reprise sur les murs des chambres d'adolescents et dans les livres d'histoire du sport.
Tout commence à Barcelone en 1992 avec la légendaire Dream Team, première équipe olympique américaine à aligner des joueurs NBA. Réunissant onze futurs membres du Hall of Fame, elle mettait sur le même parquet des icônes comme Michael Jordan, Magic Johnson et Larry Bird. Les photographies de ce groupe, souvent souriant et intouchable, ont défini l'imaginaire du basket international pour une génération entière.
À Paris en 2024, Team USA a prolongé sa domination sur ses terres européennes. Emmenée par une brochette de superstars — LeBron James, Stephen Curry, Kevin Durant, Joel Embiid, Anthony Davis, Anthony Edwards, Jayson Tatum, Devin Booker, Bam Adebayo, Jrue Holiday, Tyrese Haliburton et Derrick White — la sélection a décroché un cinquième titre olympique consécutif. En finale, le 10 août 2024, les États-Unis ont battu la France 98-87. Voici quelques faits marquants de ce match devenu instantanément iconique :
- Stephen Curry a inscrit quatre de ses paniers à trois points dans les dernières minutes, éteignant l'espoir d'un retour français.
- Victor Wembanyama, côté français, a terminé meilleur marqueur de la rencontre avec 26 points et 7 rebonds.
- Kevin Durant et Devin Booker ont apporté 15 points chacun, LeBron James 14.
- Ce succès a offert aux États-Unis leur 17e titre olympique dans l'histoire du basket masculin.
Levallois : une salle de la banlieue parisienne devenue laboratoire de talents
Face au géant américain se dresse une France de plus en plus conquérante, et une partie de cette montée en puissance s'est jouée dans les Hauts-de-Seine. Le club aujourd'hui connu sous le nom de Metropolitans 92 est né en 2007 de la fusion du Paris Basket Racing et du Levallois Sporting Club Basket, sous l'appellation Paris-Levallois. En 2017, le club prend le nom de Levallois Metropolitans, avant de devenir Metropolitans 92 en 2019 pour représenter le département des Hauts-de-Seine (le 92). Cette même année, l'ancien joueur NBA Boris Diaw en devient le président.
Le palmarès du club reste modeste — une Coupe de France (Trophy) et un Match des Champions, tous deux remportés en 2013 — mais son nom restera à jamais associé à un phénomène. Lors de la saison 2022-2023, un jeune pivot longiligne venu de l'ASVEL, Victor Wembanyama, y a livré une saison d'anthologie. Voici ce qu'il faut retenir de ce passage éclair mais historique :
- Wembanyama a dominé la Betclic Élite avec environ 21,6 points, 10,4 rebonds et 3,2 contres de moyenne.
- Il est devenu le plus jeune joueur à remporter le titre de MVP du championnat de France.
- Il a raflé les distinctions de meilleur marqueur, meilleur contreur, meilleur défenseur et meilleur jeune.
- En juin 2023, il a été sélectionné en premier choix de la draft NBA par les San Antonio Spurs.
L'après-Wembanyama
Le conte de fées a toutefois viré au drame sportif. Privé de sa star, le club s'est effondré la saison suivante, terminant avec un bilan catastrophique et se retrouvant en grande difficulté financière. En mai 2024, Metropolitans 92 a été déclaré en faillite, puis relégué en Nationale Masculine 1. Une chute brutale qui rappelle la fragilité économique du basket européen, même lorsqu'il révèle les plus grands talents de la planète.
La photographie de basket : capturer l'instant qui devient légende
Team USA et Levallois partagent un point commun : leurs plus grands moments survivent grâce à l'image. La photographie de basket est un art à part entière, où le photographe doit anticiper l'action pour figer la fraction de seconde parfaite — le sommet d'un dunk, la trajectoire d'un tir au buzzer, l'expression d'un joueur au moment du sacre.
Quelques catégories d'images structurent cette culture visuelle :
- Les portraits d'envergure : les clichés de Wembanyama bras écartés, illustrant ses 2,24 m et son envergure hors norme, sont devenus viraux avant même ses débuts NBA.
- Les images de célébration : Stephen Curry esquissant son geste emblématique après ses tirs de la finale 2024 a instantanément fait le tour du monde.
- Les photos de groupe historiques : la Dream Team de 1992 posée ensemble reste l'une des images les plus reproduites de l'histoire du sport.
- La photographie de rue : les playgrounds, du Bronx aux terrains de banlieue parisienne, alimentent une esthétique brute qui inspire marques et magazines.
Cette culture de l'image joue un rôle concret : c'est souvent en voyant une photo ou une vidéo qu'un recruteur, un sponsor ou un simple passionné découvre un talent. Le récent sacre des New York Knicks, champions NBA 2026, a lui aussi généré sa propre vague d'images emblématiques, preuve que le basket continue de s'écrire autant sur le parquet que dans l'objectif.
De la domination américaine à la pépinière française de Levallois, en passant par l'œil des photographes, une même vérité se dégage : le basket-ball est un spectacle total, où chaque exploit mérite d'être imprimé dans la mémoire collective.