A une époque où les équipes nationales n’hésitent pas à faire appel à des basketteurs américains naturalisés pour se renforcer, la France n’a pas besoin d’avoir recours à cette pratique. Son réservoir de talents étant immense… Cependant, par le passé, les Bleus ont déjà utilisé cette possibilité qui leur était offerte. Certains athlètes possédaient déjà la nationalité française à la naissance. D’autres l’ont acquise au cours de leur carrière. Voici 5 basketteurs américains qui ont joué en équipe de France.
Tony Parker
Né en Belgique d’un papa américain et d’une maman néerlandaise, Tony Parker a été naturalisé français durant son adolescence. Pendant plus d’une décennie, le célèbre meneur de jeu franco-américain a porté l’équipe de France sur ses épaules lors des compétitions internationales. En 2013, il a ramené à la France la première médaille d’Or de son Histoire dans un championnat d’Europe. A ce jour, Il est considéré comme étant le meilleur basketteur tricolore de tous les temps. C’est également le plus fortuné. Son palmarès, tant sur le plan individuel que collectif, sera difficile à battre. En plus de ses trophées de MVP et distinctions All-Star, Tony Parker a été sacré quatre fois champion NBA avec les San Antonio Spurs.
Joakim Noah
Le fils de Yannick Noah est né en février 1985 à New York. Il possède pas moins de quatre nationalités différentes. Néanmoins, ce sont les couleurs de l’équipe de France qu’il a décidé de représenter. Néanmoins, l’aventure de « Jooks » avec les Bleus aura été brève. A savoir une campagne internationale et demi… Mais cela aura été une réussite absolue durant cette courte période ! C’est en 2009 que Joakim Noah a effectué ses premiers pas dans l’effectif déjà dirigé à l’époque par Vincent Collet. Après plusieurs entraînements et matchs de préparation, il rentrait aux États-Unis pour préparer la saison suivante. L’ancien All-Star et meilleur défenseur NBA allait néanmoins revenir deux ans plus tard. Son impact aura été immédiat. Médaillé d’argent avec les Bleus à l’EuroBasket 2011, il a été déterminant dans le parcours réalisé par l’équipe nationale.
Tariq Kirksay
Lui aussi né à New York, à l’image de son compatriote Joakim Noah, Tariq Kirksay a été naturalisé français sur le tard. C’était en 2006. Il avait alors 27 ans. L’ancien joueur de Besançon, Rueil, Bourg-en-Bresse ou encore Nancy a fait son trou dans l’élite française. Et ce, après s’être d’abord montré performant en Pro B. Kirksay a été appelé à évoluer avec les Bleus entre 2007 et 2009. Il compte 29 sélections et 229 points marqués sous les couleurs de l’équipe de France. La balle orange aura permis à ce basketteur franco-américain de voyager à travers le Monde. L’Argentine, le Venezuela, la Russie, l’Espagne, l’Italie, la France ou encore l’Angola figurent sur la liste de ses destinations en carrière. Celle-ci s’est terminée au niveau professionnel avec Fos Provence en 2019.
Pierre Bressant
Né en 1959 en France, à Fontainebleau plus précisément, Pierre Bressant a été naturalisé français seulement 22 ans plus tard. Le meneur de jeu, recordman du nombre de passes décisives délivrées lors d’un match de première division française, a été formé aux USA à l’université de Arizona State. Il a ensuite effectué l’intégralité de son parcours de basketteur professionnel dans l’Hexagone. Bressant a notamment porté les couleurs de Mulhouse, Antibes, Monaco, Paris et Lyon. Ses performances ont conduit le sélectionneur des Bleus à faire appel à ses services à la fin des années 1980. Au terme de sa carrière de joueur, Pierre Bressant s’est reconverti en coach à succès. Il exerce actuellement à la Tony Parker Academy.
Skeeter Jackson
Le papa d’Edwin Jackson, également ancien international français, est l’un des premiers basketteurs américains à avoir joué pour l’équipe de France. Naturalisé en 1984, le natif de Monroe a accumulé 41 sélections entre 1987 et 1989. Comme son fils, Skeeter Jackson a évolué pendant plusieurs saisons à Lyon au cours de sa carrière. Il y est ensuite devenu coach au sein du centre de formation. A la différence d’Edwin, qui est arrière shooteur, Skeeter évoluait au poste d’intérieur. Du haut de ses 2m04 et de ses qualités de rebondeur, il a été l’un des meilleurs joueurs du championnat de France.
Des Américains sous le maillot bleu : un phénomène plus ancien qu'on ne le croit
L'histoire du basket-ball français est indissociable de celle des joueurs venus des États-Unis. Au cours du XXe siècle, près de 800 basketteurs américains ont évolué dans les clubs français, souvent recrutés pour incarner le talent et le spectacle que le championnat hexagonal ne produisait pas encore en quantité. Une partie d'entre eux a fini par obtenir la nationalité française, et quelques-uns ont même porté le maillot de l'équipe de France. Ce sujet, longtemps discret, éclaire une réalité méconnue : bien avant l'ère de Tony Parker, Rudy Gobert ou Victor Wembanyama, les Bleus se sont parfois appuyés sur des naturalisés nés de l'autre côté de l'Atlantique.
La règle des trois ans et le cadre des naturalisations
Il faut distinguer deux logiques bien différentes. La première est celle du club : dans un championnat qui limitait le nombre de joueurs étrangers, faire naturaliser un Américain permettait de libérer une place sur la feuille de match. Beaucoup de ces naturalisations n'ont jamais eu pour but d'alimenter l'équipe nationale ; elles servaient d'abord les intérêts sportifs et économiques des clubs. La seconde logique est celle de la sélection nationale.
À partir de 1975, la Fédération française, suivant les recommandations de la FIBA, instaure la fameuse règle des trois ans : un joueur naturalisé devait résider en France pendant trois années consécutives avant de pouvoir prétendre au maillot tricolore. Aujourd'hui, la FIBA autorise au maximum un joueur naturalisé après l'âge de seize ans par feuille de match en compétition officielle, ce qui encadre strictement le recours à ces profils.
Les pionniers des années 1970 et 1980
La première génération de naturalisés américains en Bleu appartient aux années 1970 et 1980, une période où l'équipe de France cherchait à hausser son niveau face aux géants européens. Plusieurs noms ont marqué cette époque :
- Bill Cain : légende du Mans, ce pivot compte plus de soixante sélections avec l'équipe de France et était présent lors du Championnat d'Europe 1979. Il incarne le naturalisé américain devenu pilier durable de la sélection.
- Barry White : arrivé à Vichy au début des années 1970, il totalise une quarantaine de sélections et a notamment disputé l'Euro 1977.
- Bob Riley : naturalisé en 1973, il fut l'un des meilleurs marqueurs de cette génération de renforts venus des États-Unis, avec près de trente capes internationales.
Ces joueurs partageaient un point commun : ils avaient construit toute leur carrière professionnelle en France, s'y étaient installés durablement et avaient acquis la nationalité au terme de plusieurs saisons passées dans l'Hexagone.
Howard Carter, l'ancien de la NBA passé par les Bleus
Le cas de Howard Carter est emblématique. Né aux États-Unis, ce joueur avait connu la NBA avant de traverser l'Atlantique : il y avait disputé une soixantaine de rencontres au milieu des années 1980, sous les couleurs des Denver Nuggets puis des Dallas Mavericks. Une fois installé en France et naturalisé, il honore cinq sélections avec l'équipe de France en 1994, tournant à plus de 13 points de moyenne. Carter illustre parfaitement la trajectoire du renfort expérimenté : un profil déjà rodé au plus haut niveau mondial, mis au service des Bleus à un moment où la France manquait encore d'armes offensives de ce calibre.
Les naturalisés des années 1990 et 2000
La tendance se poursuit dans les décennies suivantes, avec des joueurs qui apportent leur expérience du basket universitaire américain et de la NCAA :
- Jim Deines : intérieur naturalisé, il compte une douzaine de sélections au début des années 1990.
- Allen Bunting : appelé à sept reprises entre 1984 et 1986, il fait le lien entre la génération des pionniers et celle des années 1990.
- Crawford Palmer : sans doute le plus réussi de tous. Passé par la prestigieuse université de Duke, ce pivot naturalisé a disputé près de cinquante matches internationaux entre 1999 et 2002 et, surtout, il faisait partie de l'équipe de France médaillée d'argent aux Jeux olympiques de Sydney en 2000, la première grande médaille olympique des Bleus. Son rôle de role player solide et intelligent a été précieux dans cette campagne historique.
- Tariq Kirsay : meneur naturalisé passé notamment par Nancy, il totalise environ vingt-neuf sélections en 2007 et 2008. Il est généralement considéré comme le dernier joueur naturalisé à avoir porté le maillot de l'équipe de France masculine.
À côté de ces internationaux, d'autres Américains naturalisés sont restés des figures de club sans forcément s'imposer en sélection. C'est le cas de Willie Redden, né aux États-Unis en 1960 : arrivé à l'ASVEL au début des années 1980, devenu français, il fut ensuite un élément majeur du grand Limoges CSP, champion d'Europe en 1993. Son parcours rappelle que la naturalisation servait le plus souvent l'échelon des clubs.
Franco-Américains de naissance : le cas Tony Parker et Joakim Noah
Il ne faut pas confondre les naturalisés avec les Franco-Américains de naissance, qui possèdent la double nationalité dès l'enfance. Tony Parker, fils d'un père américain et élevé en France, n'a jamais eu besoin d'être naturalisé : il était français par filiation. Meneur emblématique, quadruple champion NBA avec les San Antonio Spurs, il a offert à la France son premier titre européen en 2013. Joakim Noah, né à New York d'un père français, le tennisman Yannick Noah, a lui aussi choisi les Bleus tout en détenant naturellement la nationalité française. Ces trajectoires relèvent d'une logique différente : celle de joueurs qui, par leur famille, appartenaient déjà pleinement au vivier tricolore.
Un débat toujours vif
Le recours aux naturalisés reste un sujet sensible dans le basket européen. Certaines fédérations en ont largement abusé, alignant des Américains fraîchement passeportés pour combler leurs lacunes, au point que la presse a parfois parlé d'imposteurs. La France, elle, a globalement fait un usage mesuré de cette possibilité, préférant construire sur son propre vivier. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'aucun naturalisé américain n'ait porté le maillot bleu depuis la fin des années 2000 : la formation française, avec ses centres et son réseau de détection, produit désormais suffisamment de talents pour ne plus dépendre de renforts venus d'ailleurs. Des Rudy Gobert aux jeunes cracks contemporains, les Bleus s'appuient sur des joueurs formés en France et passés par la NBA. L'histoire des naturalisés américains reste ainsi une page fascinante, témoin d'une époque où la France apprenait, au contact des États-Unis, à devenir une grande nation du basket-ball.